Comment fabriquer un lombricomposteur DIY

Savez-vous ce qu’est un lombricomposteur ?

Et bien en gros, c’est un système composé de boites dans lesquelles vous mettez vos déchets végétaux, qui sont ensuite digérés par des vers de terre. Ces vers de terre font ensuite des bons gros cacas et ça vous fait du compost pour votre jardin ou vos plantes en pot.

J’ai découvert le terme « lombricomposteur », il y a quelques années dans un reportage où on voyait une jeune femme présenter toutes ces astuces rangement dans son mini appart parisien. À un moment, elle ouvre un gros tiroir, dans lequel se cache une boite contenant des vers de terre et elle explique au journaliste que c’est un lombricomposteur. Truc de ouf. Elle rajoute bien sûr que ça ne pue pas, et que les vers de terre restent bien dans la boite.

J’avais à l’époque trouvé ça génial, plus parce que j’aime les idées originales que pour l’aspect écolo, je dois bien l’avouer.

Puis ce week-end, ne me demandez pas pourquoi, ça m’a pris comme une envie de pisser : il me fallait un lombricomposteur.

Full disclosure : Je n’ai clairement pas besoin de lombricomposteur. J’ai un jardin et un composteur traditionnel. Mais bon, je trouve l’idée cool, et je veux voir si ça fonctionne. De plus, quand il pleut, j’ai la flemme d’aller au jardin. Puis les vers de terre et moi, c’est une vieille histoire d’amour.

Je commence donc à regarder les lombricomposteurs vendus dans le commerce et olala… C’est hyper cher (ça démarre à 70 €), hyper moche, et ça hyper prend de la place.

Place que je n’ai pas dans ma cuisine…

La seule petite place que j’ai c’est un espace entre le mur et le plan de travail de la cuisine. Un truc de 30 cm de large sur 70 cm de profondeur…

Mais avant d’aller plus loin, faut d’abord que je vous explique comment fonctionne un lombricomposteur. Voici un petit schéma sympa trouvé ici.

En gros, le bac du bas, c’est le bac à jus. Ça s’appelle le « lombrithé ». Un nectar (qui pue) qu’il faut ensuite diluer dans x10 d’eau pour arroser ses plantes. C’est un excellent fertilisant.

Au-dessus de ce bac à jus, on place un autre bac dont le fond est percé de petits trous pour laisser couler le jus. Et quand on démarre son compostage, il faut commencer avec uniquement un bac. Quand celui-ci est plein, on en remet un au-dessus, percé à l’identique… etc. Et quand vous avez placé tous vos bacs et que vous avez attendu assez longtemps, vous reprenez le bac du bas (celui de l’étape 3), qui n’est censé contenir que du bon compost, vous chassez les vers de terre (ils fuient la lumière) et ensuite, vous pouvez le vider sur vos plantes, puis le remettre vide en haut de la pile et recommencer.

Voilà pour le principe de fonctionnement. Ça peut sembler un peu lourd de devoir faire tourner les bacs, mais le compostage prend du temps, donc la rotation se fait au bout de plusieurs mois.

Mais revenons à nos moutons. Fabriquer son lombricoomposteur soi-même n’est pas compliqué, et c’est même un projet sympa à faire avec les enfants.

C’est fun, rapide, et ça va vous permettre de réduire la taille de votre poubelle en valorisant vos déchets.

Un lombricomposteur, ça peut se fabriquer en bois, avec des caisses en plastiques, ou des caisses en polystyrène de poissonnier. Le truc c’est qu’il faut s’arranger pour que ce soit un peu étanche pour éviter que d’autres insectes se tapent l’incruste. Typiquement les affreux moucherons.

Pour ma part, j’ai opté pour ce montage Ikea Hackers (en FR ici) qui utilise des bacs de rangement pour les chambres d’enfants (Ref : Trofast), qui s’empilent bien et qui évitent ainsi d’avoir trop de jours.

J’ai donc pris 3 petits bacs verts (3 € l’unité) et un gros bac noir (4 €) destiné à recueillir le lombrithé. Il est 10 fois trop grand, mais on s’en fiche, ça permet de rehausser un peu l’installation.

Ensuite, sur la partie supérieure du contour des bacs, j’ai fait des petits trous pour l’aération avec la mèche de 2 mm (je n’avais pas de mèche de 1 mm sinon, j’aurai utilisé celle-là). Si l’air ne circule pas un peu, les vers mourront.

Et dans le fond des bacs, j’ai fait des trous beaucoup plus gros avec la mèche de 8 mm (vous pouvez faire + gros que ça sans souci) pour que les vers puissent passer d’un bac à l’autre.

Et j’ai aussi découpé le centre des couvercles sauf celui que je vais utiliser pour le bac supérieur. L’intérêt des couvercles des que tout s’emboite bien que ça reste suffisamment étanche pour que les vers restent à l’intérieur.

J’ai aussi percé les rigoles et transformé le reste du couvercle en gruyère avec la perceuse de 2 millimètres pour que l’eau s’évacue.

Un travail de précision 🙂 lol.

Ensuite, j’ai tout empilé, j’ai peint à la bombe le couvercle du dessus pour que les vers soient dans le noir. Et j’ai mis en place un anneau dans le trou pour pouvoir l’attraper facilement et j’ai tout scellé avec du scotch noir.

Puis j’ai installé un robinet en plastique sur le bac du bas pour sortir le nectar le moment venu. Il ne faut pas le placer trop haut pour ne pas qu’il se bouche avec d’éventuels résidus.

Et voilà le résultat :

J’étais assez fier de moi. Sur la photo, vous ne voyez qu’un bac en place, mais c’est normal. Quand il sera plein, jusqu’à une hauteur de 2 cm du bord, j’en placerai un autre sur le dessus. Les vers passeront ainsi du bac inférieur vers le bac supérieur par les trous. Et quand mes 3 bacs seront en place et que celui du bas sera plein de compost, je le replacerai en haut, et je le laisserai un peu à la lumière le temps que les vers migrent plus bas, pour que je puisse le vider, et le repréparer (carton papier humidité et un peu de compost) avant de le remplir à nouveau de déchets.

Et alors que met-on dans le bac ? Et bien il faut une litière… C’est à dire un peu de journal et de carton pour éviter que la terre que vous allez mettre ne passe trop vite à travers les trous. Puis j’ai mis un peu de bonne terre compostée, quelques coquilles d’oeufs, un peu de boites d’œuf, de carton, quelques épluchures et les vers de terre que j’ai récupérés grâce à une gentille donatrice via Twitter.

Erreur de débutant, je n’ai pas déchiré en petits bouts le carton. Je me rattraperai la prochaine fois.

Mais si vous n’avez pas de vers, sachez qu’il existe le site Plus2vers où vous pourrez trouver des donateurs près de chez vous. Vous pouvez aussi aller en chercher dans un tas de fumier ou de compost. Par contre, attention à ne pas prendre n’importe quels vers. Il faut des vers épigés (qu’on trouve au niveau de la couche supérieure du sol comme les Eisenia fetida, Eisenia andrei…).

Et pour compléter le tableau et conserver l’humidité, j’ai mis un petit tapis en fibres végétales au-dessus que j’ai aussi humidifié un peu.

Pour qu’un lombricomposteur fonctionne, il faut qu’on y trouve du carbone (le papier / carton), de l’azote (les épluchures), de l’humidité (vaporisez un peu d’eau au démarrage. Ensuite, les déchets verts se chargeront de l’humidification, car ils contiennent beaucoup d’eau), et de l’oxygène (grâce à mes petits trous). De plus, pour éviter l’acidité, il faudra ajouter régulièrement des coquilles d’œufs.

Il faut donc toujours mettre du carton brun, des boites à oeufs, les rouleaux de PQ vides….etc. et bien veillé à ce que ce soit coupé en petits morceaux pour que ça soit digeste. Avec le nombre de colis que je reçois, je peux vous dire qu’ils vont en bouffer du carton.

Et il faut penser aussi à couper les déchets verts que vous y mettez pour éviter que ça pourrisse et que ça pue.

Une fois vos vers en place, et le premier bac opérationnel, il faut laisser le temps à vos vers de terre de s’acclimater. Donc laissez les 15 jours avec un peu de bouffe, mais pas trop et attendez qu’ils fassent des petits. Pour info, les vers dévorent la moitié de leur poids par jour.

Donc pour composter 500g de déchets par jour, vous devrez avoir 1 kg de vers dans votre bac. Mais ne vous inquiétez pas, ils se reproduisent vite et la population s’autorégule, donc pas de risque d’avoir des débordements. Si vos vers se barrent, c’est que quelque chose ne va pas dans votre lombricomposteur.

Une fois la période de rodage passée, vous pourrez commencer à mettre doucement, mais surement vos déchets de :

  • Fruits et légumes (épluchures ou restes), crus ou cuits,
  • Marc et filtres à café,
  • Filtres à café,
  • Cheveux (petits), poils (ce qu’on trouve dans l’aspirateur)
  • Coquilles d’œufs broyées,
  • Coquillages broyés,
  • Farine (en petite quantité),
  • Pain, pâtes, riz, biscuits (en petite quantité),
  • Son de blé,
  • Thé, tisanes, infusions (avec le sachet),
  • Et d’autres végétaux ou fleurs (évitez les lys).

Par contre, ne mettez jamais de :

  • Oignon,
  • Ail,
  • Poireau (partie blanche)
  • Agrumes (acide et antibactérien),
  • Rhubarbe en quantité (toxique),
  • Viande,
  • Poisson,
  • Sauces

De manière générale, il faut proscrire les corps gras. Par exemple vous pouvez composte un kleenex ou un bout de sopalin, mais si vous avez essuyé de l’huile avec, il ne faut pas le mettre.

Toute l’opération a duré environ 40 min, un samedi en fin de journée et m’a couté 13 €.

Je n’ai absolument pas encore le recul ni l’expérience pour vous en dire plus que cette étape de mise en place, donc je vous invite bien sûr à vous documenter de votre côté. J’imagine que beaucoup d’entre vous auront plein de conseils à apporter dans les commentaires de l’article, alors d’avance merci.

On verra dans quelques mois comment ça se passe 😉 .

(Source: Korben)
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