Sortie d’elementary OS Freya

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elementary OS est un système d’exploitation basé sur Ubuntu GNU/Linux. La première version 0.1 « Jupiter » était basée sur Ubuntu 10.10, la suivante, 0.2 « Luna », était basée sur Ubuntu 12.04 LTS. Cette dernière, la version 0.3 « Freya » (initialement nommée « Isis », puis rebaptisée pour éviter toute confusion avec Daesh), poursuit sa logique de se baser sur les versions LTS (Long Term Support, avec support à long terme) d’Ubuntu et adopte donc le cœur d’Ubuntu 14.04.

NdM: la distribution est parue en avril 2015. La dépêche a été commencée 11 mois avant, mais sort malheureusement bien après avec avoir stagné 8 mois en rédaction.

logo d'elementary os
capture d'écran Freya

Sommaire

Quatre mythes à propos d’elementary OS

Pour tout de suite casser les « on dit que » et autres préjugés, voici quelques précisions issues de cet article sur le blog d’elementary. 😉

elementary OS est juste un thème pour Ubuntu

Certains sont restés bloqués en 2010 et pensent qu’il ne s’agit que d’un ensemble de thèmes et d’icônes. Bien qu’il représente une partie importante du système, elementary OS est beaucoup plus qu’un simple thème. elementary OS est un système d’exploitation complet bâti sur un cœur Ubuntu, un environnement de bureau (Pantheon) et tous ses composants, plusieurs applications (Files, Noise, Audience, Maya, Terminal, Scratch, Snap et Switchboard pour en citer quelques-unes), un kit de développement (Granite), un style de conception avec un ensemble de guide graphique. Il y a tellement plus que « juste » un thème…

elementary OS utilise GNOME Shell

La toute première sortie du système en 2011, Jupiter, a été réalisée à partir d’Ubuntu 10.10 accompagné de la pile Gnome 2. Ceci incluait la session Gnome elle-même et quelques-unes de ses applications. Après Jupiter, nous avons réalisé que nous ne pouvions pas améliorer l’expérience utilisateur plus que ça en travaillant sur un environnement de bureau existant et nous avons commencé à travailler sur Pantheon, un environnement de bureau moderne. Nous avons retiré les composants de Gnome dont nous n’avions pas besoin ou ne voulions pas, développé des remplaçants où cela était approprié et avons commencé à harmoniser l’interface entre WingPanel, Plank, SlingShot et les autres composants.

Durant cette même période, GNOME était en train de travailler dur sur Gnome Shell, une autre interface de bureau moderne. elementary OS n’a jamais utilisé Gnome Shell et l’expérience utilisateur entre les deux est tout à fait différente. Comme le développement de Pantheon se déroulait dans le même temps que celui de Gnome Shell, beaucoup de gens semblent penser que Pantheon est en fait un fork ou construit à partir de Gnome Shell. Aussi, les panneaux du bureau sont de la même couleur (noir), au moins dans Luna (elementary OS 0.2).

elementary OS a forké GNOME Shell ou Mutter

Liée à l’idée fausse précédente, beaucoup de gens semblent penser que nous avons forké Gnome Shell et/ou Mutter pour notre bureau Pantheon ou le gestionnaire de fenêtre Gala. Ni l’un ni l’autre ne sont vrais (voir les sources). Mais Gala, un composant essentiel de notre environnement de bureau Pantheon, est construit en utilisant la bibliothèque LibMutter et cette dernière est la même utilisée par Gnome Shell pour son gestionnaire de fenêtres. Cela signifie que nous pouvons contrôler complètement notre expérience utilisateur tout en bénéficiant d’améliorations et de nouvelles fonctionnalités pour les développeurs.

Installer Panthéon sur la distribution xxx est la même chose qu’utiliser elementary OS

elementary OS développe Panthéon, notre environnement de bureau pour elementary OS. De façon idéale pour de nombreux utilisateurs, elementary OS est construit sur la même base que les versions Ubuntu LTS. Cela signifie que Pantheon a tendance à fonctionner sur ces versions d’Ubuntu. Cependant, Pantheon n’est pas tout ce qui fait elementary OS, il y a également de nombreux autres changements sous le capot qui font que le système fonctionne mieux. Et dans certains cas nous incluons de nouvelles bibliothèques absentes d’Ubuntu, ce qui rend plus difficile à utiliser Panthéon sur Ubuntu. En outre, nous développons et testons sur elementary OS et nous ne pouvons pas prévoir les éventuels conflits que les utilisateurs rencontreront dans l’utilisation de Pantheon sur d’autres plates-formes. Nous ne décourageons pas les utilisateurs d’installer Pantheon sur leur OS favori, nous ne le soutenons simplement pas officiellement et nous ne serons pas surpris s’ils rencontrent quelques soucis.

Les nouveautés de elementary OS 0.3 Freya

Propres au cœur Ubuntu

Si une grande partie des modifications ne nous concerne pas (Unity, Ubuntu Server, Ubuntu Touch…), on trouve tout de même un petit lot de nouveautés sur le back-end d’Ubuntu. Passons en revue les nouveautés apportées en deux ans à l’OS de Canonical.

Le passage du noyau Linux 3.2 à 3.16

Gestion de l’énergie pour les cartes vidéos hybrides avec nvidia-prime

Attendue par un grand nombre d’utilisateurs, Ubuntu intègre désormais la gestion de la technologie Optimus. Une excellente nouvelle pour tous les propriétaires de portables accompagnés d’une carte graphique Intel et une autre nVidia.

Chiffrement complet du disque dur et utilisation des LVM

Les LVM sont des gestionnaires de volumes logiques, une alternative au partitionnement classique du disque dur, plus d’infos ici.

Propres à elementary OS

LightDM

LightDM est un gestionnaire d’affichage pour X11 et a pour but d’afficher les fenêtres d’authentification fournies par le greeter (littéralement l’hôte, celui qui vous accueille à votre arrivée). À l’inverse de GDM, il est indépendant des bibliothèques systèmes, on peut donc lui adjoindre différents greeters tels que :

  • Unity Greeter
  • Pantheon Greeter
  • KDE Greeter

Nous nous intéressons ici à Pantheon Greeter.
D’un point de vue visuel, l’évolution porte sur les avatars de vos sessions. Pantheon-Greeter gère maintenant la couche alpha (transparence) des fichiers PNG. À vous donc les avatars détourés comme il faut.

isis_lightdm

Autre signe de cette évolution, le passage en nuance de gris de votre avatar lorsque celui-ci n’est pas actif. Le déplacement visuel des avatars dans la fenêtre de connexion amène aussi son petit vent de fraîcheur, le déplacement ne se fait plus comme sur Luna. C’est maintenant beaucoup plus visuel.

isis_lightdm_nuance

Le bureau Pantheon : Wingpanel, Plank et Slingshot

Vous connaissez tous le menu Applications (appelé aussi Slingshot), c’est le cœur de la distribution avec le dock Plank. Depuis le début d’elementary OS Luna, il est possible de personnaliser l’interface graphique de Wingpanel, logiciel sur lequel s’appuie le menu Applications. Il est possible de jouer sur le niveau de transparence pour le rendre plus ou moins visible mais malheureusement cette opération reste manuelle.

Freya intègre une évolution de Wingpanel, en fonction du fond d’écran de votre bureau et de la fenêtre qui est affichée (maximisée). Celui-ci peut désormais dynamiquement adapter son niveau d’opacité.

Par défaut, sans fenêtre affichée, avec le fond d’écran par défaut, Wingpanel est totalement transparent ; il laisse apparaître la mention Applications, la date et l’heure et enfin à droite nous avons le bouton d’action permettant d’éteindre, de redémarrer votre ordinateur.

wingpanel_transparent

En changeant le fond d’écran, l’opacité de Wingpanel est automatiquement ajustée pour s’afficher au mieux. Votre fond d’écran est sombre : pas de souci l’opacité change au bout de quelques secondes. À l’inverse votre fond est clair, Wingpanel affichera une bande noire semi transparente du plus bel effet.

Wingpanel semi-transparent sur fond de plage

Les applications

Tout comme les projets GNOME, KDE et bientôt Ubuntu avec les Touch Core Apps, elementary a développé son propre assortiment d’applications pour couvrir les usages les plus courants, du navigateur web au lecteur de vidéos en passant par le gestionnaire de fichiers, le calendrier et la calculatrice. Toutes ont reçu, pour le passage à Freya, au moins une mise à jour commune : celle des lignes directrices de l’interface. La fameuse « header bar » déjà adoptée par GNOME s’est désormais généralisée à travers elementary. Avec elle, apparaît un autre trait visuel de GNOME : les icônes symboliques. Grâce au dépoussiérage du thème GTK, les menus et « popovers » se sont dotés de coins arrondis, et certaines applis bénéficient d’un thème sombre, comme Audience, le lecteur de vidéos (à l’image de Totem, le lecteur vidéo de GNOME) :

Capture Audience

Un exemple criant de ce redesign est le gestionnaire de photos Photos (sic), forké de Shotwell et remplaçant ce dernier dans Freya :

Capture Photos

Les réglages : Switchboard et ses plugs

Une personnalisation plus poussée est possible via une application tierce, elementary Tweaks, dont la philosophie est proche de celle du GNOME Tweak Tool.

Conclusion et perspectives

La communication d’elementary insiste beaucoup sur le succès critique de la distribution, qui s’est vue recevoir des éloges de blogs technologiques pas forcément spécialisés Linux, comme Mac|Life (sisi), Wired ou Lifehacker, mais qui surtout séduirait beaucoup de nouveaux arrivants ; d’après les développeurs qui citent leurs statistiques Sourceforge, 60% des téléchargements d’elementary seraient effectués depuis Windows et OS X. elementary veut clairement devenir une bonne raison pour les non-Linuxiens de se tourner vers le logiciel libre, aux côtés d’Ubuntu et de sa célèbre dérivée, Linux Mint.

Le projet propose diverses façons de le soutenir financièrement : par don au téléchargement de l’ISO (selon l’approche du prix libre ; les bitcoins sont d’ailleurs acceptés), mais aussi par le biais de Bountysource, qui rémunère les développeurs via des primes fixées sur les bogues qu’ils corrigent, et également via Patreon, qui permet d’effectuer un don régulier au projet.

Sur le site web flambant neuf du projet figurent deux pages dédiées respectivement aux développeurs d’applications et à tous ceux désireux de participer au projet, que ce soit en le traduisant, en contribuant à son site web, en dessinant des interfaces (c’est ainsi qu’elementary est né, en prenant forme dans les mockups que postait Daniel Foré sur sa galerie DeviantArt) ou en modifiant tout simplement le code sur Launchpad.

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(Source: LinuxFr.org : les dépêches)

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