The Go Programming Language

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Ce titre me rappelle quelque chose, les noms des auteurs me rappellent quelque chose aussi. Un certain Kernighan…
Il me faut remonter assez loin dans ma mémoire, à une époque où la lecture d’un seul livre permettait de s’occuper un sacré bout de temps.

couverture

Nous avons bien là l’auteur du mythique « The C Programming Language » qui reprend la plume pour un nouveau langage. Cela attise ma curiosité, je contacte l’éditeur qui me propose un spécimen en échange de mon avis impartial. Impartialité toute relative vu les souvenirs et le respect qu’imposent les auteurs du livre et du langage !

Sommaire

The Go Programming Language

par Alan A. A. Donovan et Brian W. Kernighan

Lecture

Le livre entre rapidement dans le vif du sujet après une brève introduction où on apprend que les auteurs sont également des personnes bien connues comme Rob Pike (utf8), Ken Thomson (unix) et Robert Griesemer (V8). Nulle perte de temps à essayer de vendre le langage, si on est là c’est qu’on veut juger sur pièce. Cela tombe bien, la particularité de ce langage est justement d’être simple pour pouvoir être pris en main rapidement. Mais simple ne veut pas dire facile. Le livre s’adresse à des personnes connaissant déjà la programmation, pas nécessairement Go mais il est à mon avis préférable de suivre le tutorial du site de référence avant. Le livre aborde dès le départ des exemples beaucoup plus ardus que ceux des tutos.

Une fois les premiers exemples parcourus, on rentre dès le deuxième chapitre dans la structure du langage, les variables, les fonctions etc d’une manière qui semble assez exhaustive. On s’y retrouve quand même assez facilement, les principes et la syntaxe de base étant très classiques. La première et principale partie du livre décortique le langage, on a le sentiment d’avoir fait le tour et de pouvoir fermer le livre et commencer à mettre tout ça en pratique, ce qui était normal à la naissance du C et qui est de plus en plus rare aujourd’hui. Le langage Go fait le pari que la simplicité reste préférable à l’accumulation de fonctionnalités. Si on aime on est comblé.
Comme dans le livre sur le C, les exemples donnés montrent tout de suite que la simplicité du langage n’empêche pas la complexité de ce que l’on doit faire avec sur des cas réels. Les exercices demandés sont encore pires car ils n’ont parfois pas tellement de rapport avec le chapitre en question et demandent des compétences qui seront acquises dans les chapitres suivants. Par exemple un exercice de bench dans le chapitre sur l’organisation des packages. Mais comme on a de toutes façon prévu de lire et relire le livre plusieurs fois on s’en accomode !

Certains chapitres vont encore plus loin dans l’exhaustivité, par exemple celui sur l’UTF-8 permet de comprendre non seulement comment Go nous aide à résoudre le problème mais également en quoi consiste ce problème en général, avec schémas bien utiles à l’appui.
De même le chapitre sur les tableaux permet de bien comprendre les problématiques d’un tableau de longueur variable et comment cela est géré en Go. Les performances d’un programme résultent souvent de la bonne compréhension de ces mécanismes. En particulier lorsqu’on aborde un nouveau langage, il devient réellement efficace lorsqu’on l’utilise comme il est prévu et non comme on en a l’habitude avec un autre langage.

Le duck typing et les compositions grâce aux interfaces est quand même sympa mais rien de très original jusque là.

On aborde ensuite quelques innovations plus originales, le defer pour lancer un code en sortie de fonction (en entrée aussi d’une certaine manière) et bien sûr les goroutines (threads légers) et channels (canaux de communication entre les goroutines).

Ces dernières possibilités sont illustrées de cas concrets en allant là encore assez loin dans les explications d’ordre général au niveau de la programmation concurrente en général.

Une autre particularité du Go, décrite dans le livre, vient du fait qu’il est accompagné d’un ensemble d’outils d’aide au développement, ce qui n’est pas étonnant car il a en partie été conçu pour permettre de réaliser facilement ces outils. Comme le langage, ces outils (formatage, compilation, tests, coverage, bench, debug, doc, refactoring…) sont les plus simples possibles (à la Unix) tout en couvrant la grande majorité des besoins quotidiens du développeur. Ils ont le même avantage d’être pris en main très rapidement et de ne pas céder à la profusion de fonctionnalités qui finalement perdent le développeur et divise les équipes.

Les deux derniers chapitres concernent les fonctions bas niveau et de reflection (en anglais). Le lecteur est prévenu que ces chapitres sont à réserver aux cas très particuliers, ils sont à éviter dans un premier temps.

En conclusion, c’est grâce à la simplicité du langage qu’un livre comme celui-ci peut couvrir une palette aussi complète de ses possibilités.

Mise en pratique

Ensuite j’ai mis en pratique mes nouvelles compétences dans deux projets nécessitants soit des performances soit du multitache (websocket). Le résultat a été à la hauteur de mes attentes, passée la première étape de prendre l’habitude de la syntaxe des types on est productif très rapidement. Les performances sont d’autant plus impressionnantes que l’on n’hésite pas à utiliser le multiproc.
Au début je ne pensais pas l’utiliser pour autre chose que des cas particuliers, tellement comblé que je suis avec Python/C depuis des années, mais plus je l’utilise plus j’ai du mal a me passer des outils mis à disposition qui rattrapent. En particulier pour le formatage automatique du code, la vérification du code avant exécution et l’aide au refactoring.
Ce que l’on perd du côté dynamique de Python on le gagne en simplicité, pas de magie noire. On aime ou on n’aime pas, le tuto permet de se faire une idée très rapidement.

Références

  • Éditeur Addison-Wesley
  • version papier publiée le 26 octobre 2015
    • 380 pages
    • ISBN: 978-0134190440
  • version ebook publiée le 20 novembre 2015
    • 400 pages
    • ISBN-13: 978-0-13-419058-7
    • ISBN-10: 0-13-419058-0

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(Source: LinuxFr.org : les dépêches)