Vous laisserez-vous violer sans réagir ?

Le 16 avril, vers 1h du matin, le texte de la loi sur le renseignement a été adopté à l’Assemblée nationale. Seuls 30 députés sur 577 étaient présents et la fleur au fusil, 25 d’entre eux ont voté la fin des libertés en France. Conscient de l’aspect liberticide de la loi et voulant surfer sur l’actualité anxiogène, le gouvernement désire faire voter cette loi au pas de charge. Le vote solennel aura lieu le 5 mai à l’Assemblée nationale. Ensuite, le texte ira au Sénat et la procédure accélérée ayant été demandée, il n’y aura pas de seconde lecture à l’Assemblée. Tous les jours, plus de voix s’élèvent contre cette loi (acteurs du numériques, associations, syndicats, élus), mais cela ne suffira pas. Seule une mobilisation de chacun pourra contrer ce texte.

Cette loi ne concerne pas seulement internet et la téléphonie mobile, mais prévoit la localisation en temps réel des personnes et des objets ainsi que la sonorisation des lieux et véhicules, sans compter l’installation de mouchards informatiques sur vos appareils. De plus, la suspicion de participation à un projet terroriste n’est pas le seul point pouvant justifier ces agissements : on retrouve aussi des choses aussi floues que la défense des « intérêts économiques industriels et scientifiques majeurs de la France » et des « intérêts majeurs de la politique étrangère et la prévention de toute forme d’ingérence étrangère ». Manifestants, écologistes, religieux, journalistes, militants de tous types etc. pourront être suivis à la trace.

Il ne s’agit pas d’empêcher de travailler les services de l’état dans la prévention des dangers liés à notre sécurité. Simplement, la surveillance doit être ciblée, proportionnée, tracée, avec la possibilité d’un contrôle a posteriori par la justice et les citoyens. Ce que ne prévoit pas ce projet, qui valide une surveillance de masse.

Les députés ne sont pas des professionnels de la technologie, pour beaucoup l’informatique est un monde inconnu : ils ont du mal à se rendre compte des conséquences de leur vote. Faites de la pédagogie, aidez-les à comprendre. Le meilleur ami de ce projet de loi est l’ignorance : à la lecture de la loi, les gens y sont opposés… encore faut-il l’avoir lue. Même des juges anti-terroristes s’inquiètent de son contenu ! En effet, un tel texte ne servira pas à grand chose contre le terrorisme mais est trop dangereux pour la démocratie. Citons Laurent Chemla : « Vous qui pensez n’avoir rien à cacher au gouvernement, n’oubliez pas que, demain, ce ne sera plus forcément le même. (…) Parce que, quand un gouvernement sait tout de vous, il sait aussi quels mots utiliser pour vous vider l’esprit et vous ôter toute velléité de combat.».

Réfléchissez. Est-ce un monde libre que vous voulez léguer aux générations futures ? Ou un monde où la police et le pouvoir politique surveille tout, entend tout, conserve tout, même ce qui a trait à votre intimité ? Mobilisez-vous, contactez vos élus, parlez-en autour de vous. Vraiment. Après, il sera trop tard.

(Source: Lea-Linux)